Une nuit a suffi
La banque centrale du Paraguay vote la mise sous résolution d'Ueno Bank le lundi 2 novembre 2026. La saisie tombe tôt le lendemain matin. Environ trois millions de clients se réveillent avec une application coupée, des cartes refusées et des agences fermées.
Le chiffre prend tout son sens quand tu le rapportes au pays. Le Paraguay compte environ 6,1 millions d'habitants. Près d'un habitant sur deux avait donc son argent dans cette seule banque.
Le matelas qui s'est dégonflé
Une banque prête beaucoup plus que ce qu'elle possède. Son capital sert de matelas : il encaisse les pertes avant qu'elles touchent l'argent des déposants. Plus le ratio baisse, plus la moindre perte met tes dépôts en danger.
Source : La Nación.
Ce que le parquet reproche
Vingt-sept personnes sont poursuivies, notamment pour abus de confiance et tentative d'escroquerie. En tête de liste figurent Miguel Vázquez, patron et bénéficiaire effectif de la banque, et Juan Manuel Gustale, ancien président de son conseil.
Selon l'accusation, des crédits très importants seraient partis sans garanties suffisantes, par des circuits croisés, vers des sociétés du groupe. L'avocat de Gustale répond que le conseil a approuvé des montants bien plus faibles que ceux versés ensuite. Toutes ces personnes sont poursuivies, aucune n'est condamnée, et chacune reste présumée innocente.
De la banque au sommet de l'État
- 2 nov.La banque centrale vote la mise sous résolution.
- 3 nov.Ueno Bank est saisie, les clients perdent l'accès à leurs comptes.
- 4 nov.Le décompte des personnes poursuivies atteint vingt-sept.
- 5 nov.Santiago Peña remet sa démission, que le Congrès ne valide pas, faute de quorum. Les députés approuvent l'accusation et le Sénat ouvre le procès.
- 6 nov.Peña doit présenter sa défense. Il faut 30 voix sur 45 pour le destituer, et le vice-président Pedro Alliana prendrait alors sa place.
Le lien politique passe par deux hommes. Carlos Carvallo, chef de la banque centrale, présidait Ueno avant sa nomination. Son institution assure qu'il s'était écarté du dossier, et il démissionne à la demande du président. Santiago Peña, lui, a détenu des parts d'Ueno Holding, la maison mère, jusqu'en 2025. Ueno affirme qu'il a toujours été étranger au capital de la banque elle-même, et le président rejette toute faute.
Garanti ne veut pas dire disponible
Sur le papier, la protection semble solide. La garantie couvre 228,3 millions de guaraníes par déposant et par banque, soit environ 38 000 dollars, et la banque centrale estime qu'environ 97 % des clients passent sous ce seuil.
Conversions approximatives. Sources : banque centrale du Paraguay via EFE et ABC Color.
Ces premiers versements vont aux clients sans dette auprès de la banque qui ont un compte ailleurs. Environ 262 000 clients ont un seul compte, celui d'Ueno. Aucun calendrier n'est connu pour la suite. Et selon Diario HOY, les crédits, les mensualités et les dépenses par carte restent dus pendant ce temps. Ton argent est bloqué, tes échéances continuent.
Ce que ça change pour toi
La faillite d'une banque reste rare, et la France a ses propres garde-fous. L'affaire Ueno pose quand même une question utile : si ta banque s'arrête demain matin, combien de jours tiens-tu ? Quatre gestes y répondent.
- Ouvre un second compte dans un établissement distinct, avec de quoi couvrir un mois de dépenses.
- Garde une petite réserve accessible sans application et sans carte.
- Liste tes prélèvements et tes crédits, pour savoir ce qui tombera même si ton accès saute.
- Connais ton plafond de garantie. En France, il est de 100 000 € par personne et par établissement.
Ton argent à la banque reste une promesse. Ta porte de sortie, cherche-la avant d'en avoir besoin.
Sources
- AP via ABC News, la saisie d'Ueno Bank
- AP via ABC News, la démission de Santiago Peña
- La Política Online, les 27 personnes poursuivies
- Última Hora, le rôle des personnes poursuivies
- ABC Color, Santiago Peña
- ABC Color, les premiers paiements
- Infobae, suivi de la crise politique
- EFE via Infobae, les paiements aux épargnants
- La Nación, le scandale financier
- Bloomberg Línea, la faillite
- Forbes Argentina, l'histoire d'Ueno
- Diario HOY, les crédits restant dus
Les personnes citées sont poursuivies, pas condamnées, et restent présumées innocentes. Santiago Peña et Ueno Bank nient toute faute. Contenu éducatif, jamais un conseil en investissement. Ponyets est un personnage virtuel.
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